La dissonance cognitive dans le recrutement

Il faut que je vous parle d’un truc…

Ah… la dissonance cognitive… j’adore ce concept et ce qui en résulte, vous pensez faire un choix ? LE bon choix ??…. en êtes-vous sûr et certain ?? Est-ce que votre choix n’est pas la résultante de forces externes démoniaques (mouahahah 😈😈). Eh…. en fait non, on va aborder la Dissonance Cognitive dans les prises de décision.

Disclaimer :

Je tente ici de rendre entendables et compréhensibles des théories liées au recrutement et à la psychologie sociale, si vous souhaitez aller plus loin je vous conseille vivement la lecture de l’ouvrage de Leon FESTINGER « A theory of cognitive dissonance (1957) »

Mais d’abord qu’est-ce que la dissonance cognitive ?

C’est un état dans lequel vous pouvez vous retrouver quand vous avez effectué un choix qui n’est pas en total accord avec vos croyances, vos valeurs etc… Choisir un chat plutôt qu’un chien, une glace plutôt qu’un fromage etc.. Cette dissonance est un état désagréable dans lequel vous vous trouvez, vous allez alors chercher à modifier vos cognitions pour revenir à un état d’équilibre stable et consonant.

Afin d’éviter d’entrer en dissonance trop longtemps et aussi dans le but de poursuivre vos activités quotidiennes (continuer de regarder cette nouvelle série « qui tue sa race », jouer avec vos enfants aux lego, ranger vos chaussettes), votre cerveau va mettre en place des biais, il va « grossir » les attributs positifs ou négatifs en fonction de vos choix.

Je m’explique, si vous avez choisi A plutôt que B, votre cerveau va grossir artificiellement les qualités de A et minimiser ses défauts. Vous aurez compris qu’il fera l’inverse pour B : maximiser ses défauts et minimiser ses qualités.

Cette dissonance cognitive aura aussi toute sa place dans le recrutement ! Ainsi, lorsque vous présentez deux (ou trois) candidats à l’un de vos clients / « manager qui recrute » et qu’il a choisi LE « candidat idéal », il va souvent trouver que les qualités du lauréat sont bien au-dessus des autres candidats (dans le but de ne pas entrer en dissonance cognitive, vous me suivez ?!). Et si ce candidat idéal refuse la proposition pour je ne sais quelle raison : pas de place de parking, cuisine trop petite, la couleur des murs ne lui plait pas etc… c’est le drame !

Donc si il refuse la proposition, votre client / manager qui recrute vous indiquera que les autres candidats ne sont pas assez bien pour lui (la dissonance cognitive aura « bien fait » son travail).

Ça c’est moche et vous repartez direct à la case départ de votre recrutement… et j’en suis sincèrement désolé pour vous !

Alors pour éviter ce genre de situation malencontreuse, validez bien vos recrutements en amont, lorsque vous reprenez vos candidats présentés avec le client, revenez sur les atouts de chaque personne. Vous pouvez même évoquer le fait que si A déclinait la proposition, vous auriez encore 2 ou 3 autres prétendants qui rentrent dans les critères de sélection ! Ne laissez pas la dissonance cognitive faire son travail insidieusement…

Ce n’est pas « magique » c’est psychologique.

Jérémy ABRAMOWSKI